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Lettre d'information n° 8

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icog-kopf31 juillet 2015
À toutes les forces intéressées et participantes à la préparation
À tous les participants du 7e Conseil international des travailleurs de l'automobile en
2012 (Munich)
Lettre d'information n° 8
Cher/e/s collègues,
par cette lettre, nous vous présentons une ébauche de résolution pour la constitution de la
«Coordination internationale des travailleurs de l’automobile» à délibérer et à adopter par
l’Assemblée des délégué/e/s des travailleurs de l’automobile lors de la 1ère Conférence
internationale des travailleurs de l’automobile qui se tiendra du 15 au 18 octobre 2015 à
Sindelfingen/Allemagne. Nous du Groupe international de coordination aimerions bien apprendre
vos avis là-dessus et d’autres propositions d’amélioration pour les assimiler pour la conférence.
Nous espérons que vous nous ferez bientôt parvenir des réponses, si possible d’ici le 1er octobre.
Avec des salutations combatives


Jesús Armendariz (Espagne), Jörn Kleffel (Allemagne), Luiz Carlos Prates Mancha (Brésil),
coordinateurs de l’ICOG
Nous, travailleurs de l’automobile,
prenons une responsabilité pour notre avenir!
Après 17 ans de coopération fructueuse, nous pouvons dire fièrement : « Le temps est mûr pour
la constitution d’une « Coordination internationale des travailleurs de l’automobile ». Nous avons
besoin de cette union mondiale des travailleuses et travailleurs de l’industrie automobile et de
sous-traitance, en étroite liaison avec nos familles et nos soutiens.
Les groupes automobiles multinationaux profitent de la crise pour faire chanter les travailleuses et
travailleurs, pour les licencier, fermer des usines, réduire les salaires, et cela non pas pour
maintenir leurs profits, mais pour les augmenter toujours plus. Nous avons mené de nombreuses
grèves dans différents pays pour nous opposer à cette situation et pour défendre les emplois et
les salaires. Nous voulons échanger nos expériences et nos conclusions, renforcer notre travail
organisé et promouvoir et coordonner les luttes au niveau international. Nous nous soutenons
réciproquement par des activités de solidarité et de protestation, nous encourageons des grèves
de solidarité et le refus de travailler comme briseurs de grève, nous élaborons des campagnes de
solidarité et des journées d’action de solidarité internationalement coordonnées. Pour ce faire,
nous montons des structures régionales et continentales. Celles-ci soutiennent et complètent les
syndicats et les partis des travailleurs, elles ne sont nullement conçues pour les remplacer ou leur
faire concurrence.
Depuis 1998, le lien fort de la solidarité internationale active de travailleurs de l’automobile de
différentes usines, de différents groupes et pays s’est consolidé dans sept Conseils internationaux
de l’automobile, qui sont devenus des moments forts de confiance réciproque, d’amitié et de la
conviction de pouvoir changer quelque chose ensemble. Par l’information et sa diffusion mutuelle,
par des activités de solidarité, par des délégations et des journées communes d’action, cela a
contribué à des luttes du mouvement des travailleurs de l’automobile dans le monde :
• dans les luttes contre la fermeture d’usines, comme chez Opel Bochum/Allemagne, GM
Sao José dos Campos/ Brésil, Ford Genk/ Belgique, Peugeot Aulnay/ France;
• dans les campagnes de protestation et de solidarité de longues années contre le
licenciement et la criminalisation de meneurs de grève chez Toyota aux Philippines, dans
la lutte pour les travailleurs intérimaires chez Suzuki-Maruti en Inde, chez GM en
Colombie ou chez Ssangyong en Corée;
• dans les luttes communes du personnel de groupes les plus divers comme en Afrique du
Sud, en 2014, au Brésil an janvier 2015 ou à Bursa en Turquie en mai 2015.
Toutes ces luttes ont été précédées par des décisions de ne pas céder au chantage ni d’accepter
le soi-disant « défaut d‘alternative » et de passer à l’offensive. Ce qui est devenu encore plus
important que le succès immédiat, c’est que la conscience de classe internationaliste et
l’organisation orientée vers l’avenir du personnel ainsi que de tout le mouvement des travailleurs
s’accroissent. Nous sommes fiers que notre mouvement travailleur prend davantage forme et de
l’impact dans la société.
En même temps, c’est pour nous, les travailleurs de l’automobile, un domaine aujourd’hui encore
difficile et inexploré de nous allier à l’échelle mondiale. Nous nous trouvons sous un feu roulant
de la manipulation de l’opinion publique. Les groupes industriels et les gouvernements répandent
le mensonge du démontage des emplois socialement acceptable, ils atténuent les contradictions
par des paiements de chômage partiel ou par des primes spéciales, ils jouent nos soucis pour
l’environnement contre les emplois et nous font du chantage dans tous les pays en déplorant la
concurrence d’autres sites, ou ils essaient d’« acheter » notre lutte pour nos emplois par des
indemnisations. Dans leurs activités, ils sont souvent soutenus par des dirigeants de syndicats qui
se soumettent à la lutte concurrentielle des groupes industriels et à la logique du profit. Divers
gouvernements accordent aux monopoles automobiles internationaux toutes sortes de
concessions et l’immunité fiscale et démontent le code du travail pour favoriser les entreprises et
aggraver les conditions de travail.
Lorsque nous, les travailleurs, nous nous rebellons contre cela, c’en est fini de la « bonne
entente ». Les revendications de salaires sont qualifiés de démesurées. Nous sommes confrontés
à des attaques hostiles aux travailleurs ou à un harcèlement massif, surtout les forces qui ne se
plient pas à la domination du capital. Les gouvernements et les groupes industriels poursuivent
ceux parmi les représentants des travailleuses et travailleurs qui osent réclamer leurs droits de
travailleurs et lutter pour l’organisation de la classe ouvrière, ce qui va jusqu’à la répression
ouverte de l’organisation syndicale et même jusqu’aux meurtres de syndicalistes comme en
Colombie. On nous suggère que notre personnel est isolé et seul contre un adversaire supérieur.
En fait, nous, les travailleurs de l’automobile, sommes vraiment confrontés à un adversaire
puissant. Mais nous ne sommes pas impuissants ! Notre force se déploie avec la clarté et
l’organisation au-delà des frontières.
Les grands bouleversements de la production industrielle n’ont pas conduit à résoudre les
problèmes de l’humanité ; bien au contraire, ils aggravent les crises ! Nous les travailleurs dans
les entreprises de l’automobile et de ses sous-traitants, travaillons main dans la main entre
toujours plus de pays, mais nous sommes quand même toujours plus fortement poussés à la
concurrence entre nous. Nous les travailleurs créons des produits de valeur, mais la majorité
d’entre nous ne peuvent pas se les payer. Beaucoup de familles vivent dans la pauvreté ou au
bord du minimum vital, dû aussi au fait que la jeunesse est poussée au chômage et au travail
intérimaire. Nous sommes des travailleurs qualifiés pour un mode de production très élevé, mais
nous vivons comment dans les chaînes des conditions capitalistes, celui-ci se tourne contre nous
et comment il détruit sans cesse davantage l’unité entre l’homme et la nature. L’objectif des
groupes automobiles d’augmenter la production annuelle de véhicules à 100 millions, de
continuer à miser sur les combustibles fossiles et de transporter des flux de marchandises
toujours plus grands par la route, conduira en toute connaissance de cause dans le collapsus du
climat mondial. Ce sont les mêmes groupes industriels et bancaires qui détruisent des emplois et
qui risquent délibérément la destruction des bases de la vie de l’humanité et une catastrophe
écologique mondiale.
De moins en moins de gens ne peuvent ni veulent se résigner à ce qu’eux-mêmes et surtout la
jeunesse soient privés de leur avenir. Dans le monde entier, des travailleuses et travailleurs
luttent contre l’exploitation capitaliste, les femmes se heurtent à l’oppression spécifique contre
elles, la discrimination et le sexisme, les masses populaires luttent contre la décharge du poids
des crises sur leur dos, contre la destruction de l’environnement et les guerres, contre la
discrimination en raison de la couleur de peau, de l’origine ou de l’identité sexuelle. Nous les
travailleurs de l’automobile constituons une partie importante de centaines de millions de
travailleurs industriels. Nous donnons tout pour devenir ensemble une force supérieure par
rapport au capital financier international qui domine aujourd’hui l’économie et la politique
mondiales.
Nous appelons tous les travailleurs de l’automobile, femmes et hommes, et tous les gens qui
s’allient à la lutte des travailleurs de l’automobile à devenir membres de la coordination
internationale en signant la résolution constituante. Nous nous sommes promis
• d’exercer la solidarité avec des luttes des travailleurs dans l’industrie automobile. Nous
apportons des déclarations de solidarité dans des réunions des travailleurs et organisons
des actions de solidarité avec tous ceux qui luttent contre l’exploitation par les groupes
automobiles.
• d’organiser des campagnes contre l’oppression de travailleuses et travailleurs touchés par
le licenciement, la persécution, la prison et d’autres mesures par lesquelles on tente de
réduire au silence les travailleuses et travailleurs. Les travailleurs courageux doivent
savoir qu’ils peuvent se fier au soutien international et que les attaques des groupes
automobiles seront dénoncés au niveau international ! Nous défendons le droit des
travailleurs de nous organiser nous-mêmes librement.
• Nous concentrons des actions et des journées de lutte coordonnées au niveau
international dans la période entre le 28 avril, journée mondiale pour la sécurité et la
protection au travail, et le 1er Mai, journée de lutte internationale de la classe ouvrière,
pour donner de la force et une voix à notre unité internationale.
• Les grands groupes élaborent dans leurs centrales des projets et des objectifs pour la
fermeture d’usines et pour la délocalisation de la production dans des pays à bas coûts de
production, en augmentant l’exploitation. Ils dressent alors les travailleurs des personnels
les uns contre les autres, même à l’intérieur du groupe. La coordination à l’intérieur des
entreprises multinationales est donc d’une importance primordiale.
• Nous nous engageons pour renforcer les syndicats et favorisons l’unité syndicale sur une
base combative. Nous ne nous arrêterons pas à la lutte pour de meilleures conditions de
salaire et de travail. Nous voulons obtenir une vie riche, digne et saine pour tous les êtres
humains, en accord avec la nature – une société sans exploitation ni oppression. Voilà
notre vision pour laquelle nous luttons au-dessus des pays: nous surmonterons tous les
obstacles avec détermination et avec une longue haleine.
D’ici la 2e Conférence internationale des travailleurs de l’automobile en 2019, nous voulons
parcourir une phase de large publication, de mise en place de structures de la coordination et de
recrutement de nombreux nouveaux membres sur les différents continents.
Nos principes de la coopération sont les suivants:
• Tous les membres et toutes les forces fortifient ce mouvement selon leurs possibilités. Ils
décident librement de prendre en charge des tâches et ils les remplissent alors avec
fiabilité.
• Nous affirmons le caractère suprapartisan et idéologiquement ouvert et la participation
égale en droits.
• L’indépendance financière et une contribution de tous les participants au financement sont
la base de notre autonomie.
• Une culture du débat sur un pied d’égalité et le respect mutuel qui excluent d’attaquer
d’autres membres renforcent notre cohésion.
• Les aspirations fascistes, racistes, sexistes et fanatiques-religieuses sont exclues.
• Pour exécuter les tâches décidées, nous élisons un groupe de coordination internationale,
qui rendra des comptes à l’Assemblée des délégué(e)s lors de la 2e Conférence
internationale des travailleurs de l’automobile.
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !
Travailleurs de l’automobile du monde prenons l’avenir en nos propres mains !